LES EMOTIONS : LES COMPRENDRE POUR NE PLUS LES SUBIR

La colère qui monte sans prévenir. La peur qui empêche d’oser. La tristesse qui s’installe. La honte qui pousse à se cacher. La culpabilité qui nous fait porter ce qui ne nous appartient pas.

Les émotions font partie de notre quotidien. Elles peuvent parfois nous sembler envahissantes, disproportionnées ou difficiles à comprendre. Pourtant, une émotion n’est pas là pour nous faire du mal.

Une émotion est avant tout un message.

Elle nous informe de ce qui se passe en nous, de ce dont nous avons besoin, de ce qui compte pour nous ou de ce que notre cerveau perçoit comme une menace.

Le problème n’est donc pas d’avoir des émotions. Le problème apparaît lorsque nous les retenons, les évitons, les subissons ou lorsque les mêmes réactions reviennent encore et encore, parfois bien longtemps après que la situation initiale a disparu.

À quoi servent nos émotions ?

Imaginez votre cerveau comme un système d’alerte.

Une émotion apparaît lorsqu’il détecte quelque chose d’important pour vous. Elle peut vous pousser à agir, à vous protéger, à vous rapprocher des autres, à vous éloigner d’une situation ou simplement à prendre conscience de ce que vous ressentez.

Voici quelques-unes des émotions les plus présentes dans nos vies.


La colère : « Quelque chose dépasse mes limites »

La colère apparaît souvent lorsque nous avons le sentiment qu’une limite a été franchie, qu’une injustice est commise, que nos besoins ne sont pas respectés ou que nous sommes empêchés d’agir.

Elle peut nous donner beaucoup d’énergie.

Son message peut être :
« Quelque chose ne me convient plus. J’ai besoin de me protéger, de poser une limite ou de faire changer une situation. »

La colère n’est donc pas forcément négative. Elle peut même être une formidable énergie de transformation.

Mais lorsqu’elle est constamment retenue, elle peut devenir rancœur, irritabilité ou ressentiment. À l’inverse, lorsqu’elle explose sans être comprise, elle peut abîmer nos relations.

Que faire lorsqu’elle apparaît ?

Avant de réagir, prendre quelques instants pour revenir au calme peut permettre de distinguer deux choses :

    • Qu’est-ce qui vient réellement de se passer ?

    • Qu’est-ce que cette situation réveille en moi ?

Puis chercher le besoin qui se trouve derrière la colère : respect, reconnaissance, sécurité, repos, soutien, liberté, justice…

Parfois, la bonne réponse n’est pas de « gérer sa colère », mais d’écouter ce qu’elle essaie de nous dire.


La peur : « Je cherche à me protéger »

La peur est une émotion fondamentale.

Elle nous prépare à faire face à un danger : fuir, nous protéger, demander de l’aide ou nous préparer à agir.

Mais notre cerveau ne fait pas toujours la différence entre un danger physique réel et une situation que nous avons simplement apprise à considérer comme dangereuse.

C’est ainsi que nous pouvons avoir peur de prendre la parole, de décevoir, d’être rejeté, d’échouer, de manquer, de changer de vie ou même de réussir.

Son message peut être :
« Attention. Quelque chose me semble dangereux ou incertain. »

La peur mobilise énormément notre énergie. Lorsque nous sommes constamment en vigilance, nous pouvons avoir l’impression d’être épuisés sans avoir « fait grand-chose ».

Que faire ?

Ne pas chercher systématiquement à supprimer la peur.

Commencer par l’écouter :

« De quoi ai-je peur exactement ? »

Puis se demander :

« Est-ce un danger réel aujourd’hui ou une réaction apprise par mon cerveau ? »

La réponse peut alors être très différente.


La tristesse : « Quelque chose a besoin d’être accueilli »

La tristesse apparaît face à une perte, une déception, une séparation, un changement ou parfois simplement lorsque nous avons accumulé trop de choses.

Elle nous invite souvent à ralentir.

Son message peut être :
« J’ai besoin de temps pour intégrer ce qui vient de se passer. »

La tristesse peut nous pousser à nous isoler temporairement, à chercher du réconfort et à nous reconnecter à ce qui est important pour nous.

Lorsqu’elle est systématiquement refoulée avec des phrases comme « il faut être fort », « ce n’est rien » ou « passe à autre chose », elle peut rester présente sous une autre forme.

Que faire ?

S’autoriser à ressentir.

Pleurer, parler, écrire, marcher, se reposer, demander du soutien…

Il n’est pas nécessaire de trouver immédiatement une solution à une tristesse. Certaines émotions ont d’abord besoin d’être vécues avant de pouvoir s’apaiser.


La honte : « Quelque chose ne va pas chez moi »

La honte est particulière parce qu’elle ne dit pas seulement :

« J’ai fait quelque chose de mal. »

Elle peut nous faire croire :

« Je suis quelqu’un de mauvais, de différent, d’incapable ou d’indigne. »

C’est une émotion particulièrement lourde, car elle touche à l’image que nous avons de nous-mêmes.

Elle peut nous donner envie de nous cacher, de nous faire petits ou de ne plus prendre notre place.

Son message peut être :
« Je crains d’être rejeté si les autres voient qui je suis réellement. »

Pourtant, ressentir de la honte ne signifie pas que ce qu’elle nous raconte est vrai.

Que faire ?

Mettre des mots sur ce que nous ressentons, avec une personne sécurisante, peut déjà diminuer son pouvoir.

Et surtout apprendre à différencier :

« J’ai fait quelque chose que je regrette »

de

« Je suis quelqu’un qui ne vaut rien. »

L’un concerne un comportement. L’autre attaque l’identité.


La culpabilité : « J’ai peut-être fait quelque chose qui ne correspond pas à mes valeurs »

La culpabilité peut être utile.

Elle nous permet de reconnaître une erreur, de réparer, de nous excuser ou de modifier un comportement.

Mais elle devient problématique lorsqu’elle nous fait porter une responsabilité qui n’est pas la nôtre.

Certaines personnes se sentent responsables du bonheur de tout le monde : leur conjoint, leurs enfants, leurs parents, leurs collègues…

Son message peut être :
« Quelque chose dans mon comportement ou mes choix mérite d’être regardé. »

Mais il est important de se demander :

« Suis-je réellement responsable de cela ? »

Faire la différence entre responsabilité et culpabilité peut libérer énormément d’énergie.


La joie : « Cela compte pour moi »

Nous parlons beaucoup des émotions difficiles, mais la joie est tout aussi importante.

Elle nous donne envie de nous rapprocher de ce qui nous fait du bien, de partager, d’explorer, de créer et de vivre pleinement.

Son message peut être :
« Cette expérience est importante pour moi. J’ai envie de la prolonger. »

La joie nourrit notre énergie et notre motivation.

Pourtant, certaines personnes ont tellement appris à être raisonnables, disponibles ou responsables qu’elles finissent par considérer leurs propres envies comme secondaires.

Réapprendre à ressentir de la joie peut alors devenir un véritable acte de reconnexion à soi.


Le dégoût : « Éloigne-toi »

Le dégoût est une émotion de protection.

Il nous pousse à nous éloigner de ce qui pourrait être dangereux ou nocif.

Mais comme toutes les émotions, il peut aussi être influencé par notre histoire, nos apprentissages et notre environnement.

Il peut concerner une nourriture, une situation, une personne ou même une expérience.

Son message :
« Quelque chose me repousse. Je veux m’en éloigner. »


La surprise : « Quelque chose change »

La surprise est une émotion très courte.

Elle apparaît lorsqu’un événement ne correspond pas à ce que nous attendions.

Elle mobilise immédiatement notre attention pour nous permettre de comprendre ce qui se passe.

Son message :
« Stop. Regarde. Quelque chose vient de changer. »

Elle peut ensuite laisser place à la peur, à la joie, à la colère, à la tristesse ou à une autre émotion selon la manière dont nous interprétons ce qui vient de se produire.

Le cerveau limbique est le centre principal des émotions.Cependant, lorsqu’il reçoit une surcharge d’informations ou d’énergie qu’il ne peut gérer, il passe le relais au cerveau reptilien. Ce dernier prend alors les commandes en activant le mode survie. C’est pour cela que lorsque personne en colère peut déclencher la colère chez l’autre, par effet miroir. On retrouve ce mécanisme dans les conflits de couples…


Pourquoi certaines émotions reviennent-elles en boucle ?

C’est probablement l’une des questions les plus importantes.

Pourquoi savons-nous parfois parfaitement que nous ne sommes plus dans la situation d’autrefois, mais ressentons-nous malgré tout la même peur, la même colère ou le même sentiment de rejet ?

Parce que notre cerveau apprend.

Une expérience vécue comme importante peut créer des associations entre une situation et une émotion.

Par exemple :

Une personne vous critique → vous ressentez de la honte.

Avec le temps, votre cerveau peut apprendre à anticiper la critique.

Puis une simple remarque peut suffire à déclencher une réaction émotionnelle très forte.

Vous pouvez alors vous dire :

« Je sais que ce n’est pas si grave, mais je le ressens quand même. »

Ce n’est pas forcément un manque de volonté.

C’est souvent une réaction automatique qui s’est construite au fil des expériences.


Que faire lorsque l’émotion arrive ?

La première étape n’est pas de lutter contre elle, mais l’accueillir.

Vous pouvez essayer une méthode très simple en quatre temps :

1. Je m’arrête

Avant de répondre ou d’agir sous le coup de l’émotion, je prends quelques instants.

2. Je nomme

« Je ressens de la colère. »

« J’ai peur. »

« Je suis triste. »

Mettre un mot sur une émotion permet déjà de prendre un peu de distance avec elle.

3. Je cherche le message

« Qu’est-ce que cette émotion essaie de me dire ? »

« De quoi ai-je besoin ? »

« Qu’est-ce que cette situation représente pour moi ? »

4. Je choisis ma réponse

Une émotion est une information.

Elle n’est pas forcément un ordre.

Je peux ressentir de la colère sans être obligé de crier.

Je peux avoir peur sans être obligé de renoncer.

Je peux être triste sans devoir immédiatement aller mieux.

C’est là que nous retrouvons notre capacité de choix.


Et lorsque l’émotion revient toujours ?

Lorsque certaines émotions reviennent de manière répétitive, qu’elles semblent disproportionnées ou qu’elles provoquent toujours les mêmes réactions, il peut être intéressant d’aller regarder ce qui se trouve derrière.

C’est ici que l’accompagnement peut prendre tout son sens.

Dans ma pratique, j’utilise l’hypnose Sajece et le coaching pour accompagner les personnes qui souhaitent comprendre leurs mécanismes, modifier certaines associations émotionnelles et retrouver davantage de liberté dans leurs réactions.

L’objectif n’est pas de supprimer les émotions.

Nous avons besoin de nos émotions.

L’objectif est plutôt de ne plus être dirigé automatiquement par elles.

L’hypnose peut permettre de travailler sur ce qui se joue à un niveau plus inconscient : les croyances, les associations, les automatismes et certaines expériences qui continuent parfois à influencer notre manière de réagir aujourd’hui.

Le coaching, quant à lui, permet de remettre du mouvement dans le présent : identifier ses besoins, clarifier ses choix, poser ses limites, modifier certains comportements et expérimenter de nouvelles façons de fonctionner.

Les deux approches peuvent ainsi être complémentaires :

comprendre ce qui se passe en soi, puis apprendre à faire autrement.


Et si certaines émotions ne nous appartenaient pas complètement ?

Il existe également une autre piste souvent évoquée dans les approches transgénérationnelles : celle de la transmission familiale.

Nous pouvons parfois grandir dans une famille où certaines émotions sont très présentes : peur, colère, culpabilité, honte, silence, sentiment d’insécurité…

Nous apprenons alors, consciemment ou non, des façons de réagir, de nous protéger et de fonctionner dans nos relations.

Certaines approches parlent également d’une transmission transgénérationnelle de certains vécus émotionnels ou traumatismes.

Il est toutefois important de rester prudent : cela ne signifie pas qu’une émotion ou un traumatisme serait automatiquement transmis biologiquement d’une génération à l’autre. Les mécanismes de transmission sont complexes et font encore l’objet de recherches.

En revanche, les histoires familiales, les comportements, les croyances, les non-dits et les modes relationnels peuvent réellement influencer la manière dont nous construisons notre propre fonctionnement émotionnel.

Comprendre son histoire peut alors permettre de se poser une question essentielle :

« Est-ce que cette façon de fonctionner est encore utile pour la personne que je suis aujourd’hui ? »


Vous n’avez pas à supprimer vos émotions pour vous sentir mieux

La colère, la peur, la tristesse, la honte, la culpabilité, la joie, le dégoût et la surprise ont toutes une fonction.

Elles nous protègent, nous alertent, nous renseignent et nous orientent.

Mais une émotion qui revient sans cesse peut finir par prendre beaucoup de place dans notre quotidien.

Et parfois, ce qui nous fait souffrir n’est pas l’émotion elle-même.

C’est le fait de ne plus avoir l’impression de pouvoir choisir ce que nous en faisons.

Se libérer d’une émotion récurrente ne signifie donc pas devenir insensible.

C’est retrouver la possibilité de ressentir…

sans être submergé.

De comprendre…

sans rester prisonnier du passé.

Et surtout, de pouvoir choisir…

comment nous voulons vivre aujourd’hui.

Hypnothérapie à Mouzeil, près d'Ancenis, Ligné et Nort-sur-Erdre, pour retrouver calme, confiance et liberté intérieure.

L'hypnose ne remplace pas un avis ou un traitement médical.

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